Sabrina Laughlin et son frère TapariiNée à Tahiti, de parents tout deux polynésiens, Sabrina a cependant comme beaucoup d’îliens de Polynésie française des racines étrangères. L’un de ses grands-pères est breton, l’autre anglais ; elle se définie avec humour, non pas « demie », selon le langage local, mais plutôt « poly – nésienne ».
Son pays, son « fenua », cependant, elle y est extrêmement attachée. Toute son enfance, elle l’a vécu en contact permanent avec la nature, le lagon toujours très proche, l’océan séparant Taha’a, l’île où a grandi sa grand-mère et où elle s’installe définitivement à l’âge de 16 ans, de l’île voisine Raiatea, et bien sûr toute la flore environnante. Respect, travail, nécessité de se battre pour ses ambitions et convictions… Ce sont ces valeurs essentielles que ses parents lui ont inculquées tout au long de son enfance.

La chanson… C’est une autre histoire. Sabrina chante depuis qu’elle est toute petite, c’est une joie, une évidence. Elle fait ses débuts professionnels dans l’ombre de son grand frère, Tapuarii Laughlin, déjà connu du grand public. Elle participe aux chœurs de ses chansons, puis, dès l’âge de onze ans, commence à enregistrer avec lui, le suit lors de ses concerts, tournages de clips et l’accompagne même lors de ses tournées dans les autres pays du Pacifique. Elle dit volontiers que ce fut pour elle « la meilleure école ».

Forte de ces expériences, elle décide, à l’âge de 18 ans, de sortir son tout premier album : « Arueraa ».
Elle y mélange les genres : hula, reggae, slow, zouk.. et les langues : le tahitien, le français, l’anglais. Son but ultime est de chanter ce qu’elle aime avant tout afin de pouvoir le partager : amour, joie, espoir et vérité, chaque chanson doit être un message positif accompagné par une belle mélodie.
Les moyens limités de la production ne permettent pas à ce premier album d’être vendu en grande quantité, mais « 400 CD vendus, cela reste très positif pour un premier album vendu localement ».

Sabrina Laughlin. Ta musique est douceA aucun moment Sabrina ne perd de son enthousiasme et de sa volonté. Elle attend cependant 7 années avant de réitérer l’expérience et sort son second album « Ta musique est douce ». C’est un énorme succès, tant localement qu’à l’international. Les ventes explosent, plus de 10 000 exemplaires sont vendus, ce qui est un record pour un album polynésien. Les ondes radio polynésiennes diffusent en permanence ses titres, et Sabrina est invitée dans de nombreux pays : Nouvelle Calédonie, France, Etats-Unis, Mexique, Japon… qui lui donnent la possibilité de promouvoir la musique et la culture polynésiennes à travers ses chansons. Elle réalise lors de ses déplacements que la musique n’a finalement aucune frontière et qu’au-delà ses chansons, c’est tout un pays, une culture qui passionne les gens de l’extérieur. Elle devient ambassadrice de son « fenua » qui lui est si cher, parraine des évènements à l’étrangers tels que des « heiva », anniversaires d’écoles de danse tahitienne, etc. Elle fera deux clips vidéo issus des titres de cet album, « Rori Rori » et « ta musique est douce ».

Le succès de cet album ne lui monte cependant pas à la tête. Sabrina attend, elle ne veut pas enchaîner les albums simplement parce que cela marche. Chaque chanson, chaque mélodie doit signifier quelque chose.

En 2006, un évènement va bouleverser sa vie : la naissance de son fils. Sabrina a acquis plus d’expérience, plus de maturité, elle se dit volontiers être « une nouvelle Sabrina ».

Sabrina Laughlin en concertElle continue avec le même plaisir à répondre aux invitations, et notamment celles du Japon qui l’accueille chaque année depuis 3 ans lors d’une tournée polynésienne et en tant que marraine du « Heiva i Tokyo » depuis 2009.

A l’issue de la tournée japonaise de 2010 accompagnée par sa sœur Grace, elle sort son 1er cd live « Sabrina & Grace : live in Japan » commercialisé sur le site www.tahiti-heiva.com et composé de ses titres les plus personnels ainsi que quelques classiques tahitien, dans un style acoustique.
Manaiva Sage à la guitare, Karl Brillant à la guitare accompagnement et aux percussions, Sussumu à la basse et sa sœur Grace au chant l’accompagne dans ce nouveau projet.

Ses tournées à l’international lui donne l’envie d’enregistrer de nouveaux titres : son nouvel album prend alors forme ; elle souhaite des arrangements plus légers, s’entoure de nouveaux collaborateurs… Et décide de produire elle-même cet album. La nouvelle Sabrina sait plus que jamais ce qu’elle veut, et se bat pour faire aboutir ses convictions. « To’u fenua » (ma terre) est né. Les thèmes sont simples : ma terre, mon pays, ma culture, ma société, ma famille, mon fils… et mon père ; ce père disparu à qui elle souhaite rendre hommage. Elle intègre dans les 14 titres une chanson en japonais – tahitien, un clin d’œil à ce pays qui l’a toujours accueillie à bras ouvert et « qui aime mon fenua autant que moi ».

Ce nouvel album est un savant mélange de nostalgie, grâce à de belles ballades tahitiennes, de gaieté et de bonne humeur, mais aussi de surprenantes adaptations telle que « stand by me » en tahitien ; il est aussi l’occasion pour Sabrina de chanter en duo avec sa sœur Grace sur une superbe chanson écrite par leur frère Matahi.